Faux'air de pierre

 

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Problématique : S'approprier le circuit économique,social et artistique d'un objet "précieux".


Points de départ :

Ils peuvent être multiples.

Phase 1 :

Un constat : les élèves sont souvent surpris par l'aspect brut des matériaux précieux : minerais, diamants non taillés, pépites.

" C'est sale, rugueux, "pas beau", "ça ne brille même pas ! "...

C'est à ce stade que l'enfant prend conscience de l'intérêt des procédés de transformation. L'ouverture trans-pluridisciplinaire ( je n'ai toujours pas compris la différence entre trans et pluri ... Mais on peut vivre sans ! ) apparaît ici de manière évidente.

Proposition d'activités 1 : non exploitée ! TRANSFORMER

Cette phase ouvre la porte à une nouvelle génération de fiches où les visiteurs sont invités à apporter leur contribution. On me reproche parfois de faire des propositions trop fermées ( de livrer des recettes ).

Invitez donc vos élèves à ramasser des matériaux bruts, d'en choisir l'un ou l'autre et de le transformer pour le rendre "précieux".

Quelques indications quand même !

Exemples de matériaux

Exemples de procédés de transformation ( ce sont vos élèves qui devraient établir cette liste )

Cailloux, branches, feuilles mortes, pierres, écorces....

Nettoyer, laver, brosser

 

Peindre en doré, argenté, autres couleurs

 

Coller de fines couches de papier de soie

 

Emballer dans du papier alu

 

Mettre en valeur l'objet brut en le cirant * voir utilisation Etape 4

 

Mais aussi, tailler en limant, en frottant contre une autre pierre...

 

...

Le tableau ci-dessous attend vos "objets précieux"

Phase 2 : Les faux !

La prise de conscience  que les objets n'ont que la valeur qu'on leur donne permet d'aller  plus loin. Elle permet une réflexion sur la relativité des valeurs ( une des clés de la tolérance ) et d'autre part de comprendre certaines démarches et concepts artistiques comme le ready made, l'art minimal, l'art conceptuel...

La démarche :

J'ai proposé à chacun de mes élèves de ramasser un caillou . Un caillou qui leur plaît. Une "pierre précieuse" qui va peut-être susciter des convoitises...

Situation inductrice :

Nous avons donc décidé de faire des faux pour tromper d'éventuels voleurs. Une approche subversive ?

Techniques proposées :

a) Modelage en argile  

b) Sculpture sur béton cellulaire

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La copie

L'original

 

 

      

Etape 1 : Exploration du caillou.

Les yeux fermés les enfants découvrent les bosses et les creux de leur pierre. Il est surprenant de constater que les mains "voient" souvent mieux que les yeux. Une oralisation de la topographie de l'objet favorise  cette prise de conscience.

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Etape 2 : Modelage

Le maître donne un bloc d'argile à chaque élève. En le modelant, il lui donne une forme qui s'approche le plus possible de "l'original"

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Rem : Les proportions ne sont pas toujours respectées. Cependant en termes d'évaluation, il est important que la "copie" puisse être associée à l'original avec des arguments formels ( des creux, des fissures...). Une forme d'évaluation collective peut être envisagée : les autres élèves doivent pouvoir associer l'original et la copie.

Epate 3 : Mise en couleur

Après séchage, les pierres sont peintes avec une couleur qui s'approche le plus possible de la couleur d'origine. Les éléments graphiques sont également reportés sur la pierre. Différents procédés peuvent être mis en oeuvre : peinture ,  gravage avec un clou, ...

Etape 4 : Patine

Pour donner de la patine à l'objet, nous l'avons ciré. Prendre de la cire incolore ou légèrement teintée. Enduire la pierre, puis laisser sécher et finalement lustrer avec un chiffon.

Variante : Nous avons également réalisé des grosses pierres en béton cellulaire. Le principe est le même que pour l'argile . Une évolution vers la monumentalisation et la création d'un nouvel objet s'est cependant manifesté au cours du travail : couleurs différentes, rendus de matière, ... notamment liées aux contraintes du matériau.

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Sculptures à la lime

Mise en couleur

Les couples argile, béton cellulaire, originaux.

Rem : Cette dernière technique est un peu plus difficile.

Quelques conseils : L'enseignant doit fournir un bloc qui a déjà la "forme " de la pierre à reproduire. C'est à dire un parallélépipède allongé pour les pierres allongées, un cube pour les pierres rondes.... Le béton cellulaire se découpe bien avec une scie à bois. Les enfants sculptent leur objet avec une lime ce qui élimine les risques de blessures.

Etape 5 : Valorisation, réalisation de bijoux

On peut  prolonger l'activité par la mise en valeur de l'objet précieux.

a) Faire l'inventaire des procédés de mise en valeur.

b) Mise en valeur

Mettre sous vitrine avec ou sans éclairage, poser sur un socle, poser dans une boîte à bijoux, monter les pierres pour en faire des bracelets, des boucles d'oreille, des colliers... et pourquoi ne pas l'offrir pour la FETE DES MERES ?

anin22.gif (487 octets)Clin d'oeil : Loin du pédagogiquement correct et pourtant si vrai !

Eloge du collier de nouilles

Il est de bon ton, ces jours-ci, d'ironiser sur les « colliers de nouilles ». Comprenez les petits cadeaux bon marché bricolés sur les bancs de l'école par ces chères têtes blondes, rousses ou brunes, pour leur maman adorée à l'occasion de la classique fête des mères. Habilement, on propose plutôt aux très jeunes « prescripteurs d'achats » de casser leur tirelire pour offrir quelque chose de plus chic, de plus choc, de plus cher. Osons résister à cette vague du filialement correct. Les fleurs, les parfums, les chocolats ont certes leurs charmes. Et les mamans y sont sensibles, tous les papas le savent. Mais pourquoi en imposer les rites à leurs progéniture ? Ou pire encore, lancer les écoliers dans les rayons des presse-purée ou des livres de recettes, pour leur faire, avant l'heure, commettre l'impardonnable erreur de scotcher les mamans à la cuisine ?

La richesse d'un coeur tendre

 Osons réhabiliter le « collier de nouilles ». Quelle est la jeune mère qui n'a pas fondu devant une mosaïque en pépins de melon, un dessin au feutre « où j'ai presque pas dépassé », un petit panier en boîte de camenbert ou une fresque de « patatogravure » ? J'en connais même qui ont soigneusement stocké tous ces objets au fil des ans et se remémorent devant cette collection les vertes années de leurs petiots. Elles savent bien que ce petit musée n'écrit pas de pages nouvelles de l'histoire de l'art. Mais elles ont la douce certitude que quand les fleurs auront fanés, que les parfums se seront dissipés, que les chocolats auront été consommés, chacun de ces petits bricolages gardera le témoignage de ce qui fait son incomparable richesse : le coeur grand comme ça d'un enfant qui ne mesure pas sa tendresse.

Paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace

Intérêt pédagogique :

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