Métamorphoses de Printemps

 

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Démarche pédagogique

Cette deuxième phase, en prolongement de Mémoire de Fête, est l'oeuvre de 8 Collègues de l'école primaire ( élémentaire + maternelle) de Schweighouse sur Moder qui m'ont suivi sur un projet que j'ai impulsé en début d'année scolaire. J'y ai participé et je les ai accompagnés avant d'être moi-même dépassé par leur disponibilité et la qualité de leur travail ... et c'est tant mieux !

La cohérence de l'ensemble a été pour moi un souci essentiel. Les interventions de type "Land Art narratif" induites par le cadre même de l'intervention ,une villa et son parc, exclusivement en extérieur, nous ont tout naturellement conduits vers ce genre artistique.

Il ne s'agissait cependant pas de juxtaposer quelques installations "à la manière de" car l'action n'aurait alors eu aucun sens. C'est pourquoi, j'ai imaginé un contexte favorable à la mise en oeuvre d'actions créatives. "Le mystère de la villa" est la forme écrite de ce contexte. J'ai délibérément fait appel au merveilleux parce que précisément l'Art est merveilleux !

A partir de là, tout devenait possible ! Mais sans que ce soit n'importe quoi ! Tout acte plastique se devait d'être justifié. Ainsi, les arbres emballés n'étaient pas simplement du Christo, mais un procédé pour empêcher les arbres de se disperser. D'autres interventions découlèrent dès lors de ce choix : le carré de jardin qui s'envole, les arbres attachés au sol ... à moins que ne soit l'inverse. Peu importe dans quel sens tourne la roue ! L'important c'est qu'elle tourne !

Laissez-moi maintenant le plaisir de vous faire découvrir les détails en images et en texte.

Et une fois la nuit tombée ... frissons garantis !

Pour me suivre dans cette visite guidée, il vous suffit de cliquer sur les mots soulignés.

 

Le mystère de la villa

 

On ne sait pas très bien comment la fête s'était terminée. En tout cas, le lendemain, il ne restait que des traces : La guitare du jeune Turrok, la peinture gourmande de Jean Carquezut, le miroir double face destiné à Sophie Rigoli…

Mais jamais, je ne dis bien jamais, on ne revit ni les propriétaires, ni les invités. La police et les journalistes menèrent des enquêtes. Le jardinier et les pompiers fouillèrent le parc et les environs. La femme de ménage nettoya soigneusement toutes les pièces dans l'espoir de trouver un indice. Le facteur chercha lui aussi désespérément les destinataires du courrier adressé aux propriétaires de la Villa. Mais comble de malheur, toutes ces personnes disparurent également.

Tous ces événements firent longtemps de ce lieu un endroit maudit. On délaissa la bâtisse et son parc pendant des années. L'endroit resta désert. En tout cas, c'est ce qu'on pouvait penser. Bien qu'en y regardant de plus près, on aurait pu déceler des indices de présences : en hiver, par exemple, on voyait parfois de la fumée sortir de la cheminée…

 

Depuis quelques jours, à l'approche du printemps, les choses s'étaient précipitées. D'abord on vit réapparaître dans le parc tous les éléments de la fête : la superbe voiture de Clark Kent, le pistolet à bouchon de Sylvie Blazer, les skis sur herbes de M. Patatra… Tout était de nouveau en place, y compris la table des invités, exactement comme le lendemain du jour maudit. La flûte de la belle Ophélie s'était même remise à jouer. Quel était cet enchantement ?

Quelque temps plus tard les fenêtres de la villa s'animèrent. Ceux qui avaient tenté de retrouver les invités le lendemain de la fête, réapparurent un à un derrière les vitres. Le facteur, le jardinier, le gendarme, tous étaient revenus exactement comme au moment où ils avaient disparu.

Les choses ne s'arrêtèrent pas là ! On eut l'impression que le parc tout entier voulait montrer qu'après l'hiver, il était revenu à la vie !!! Et de quelle manière !

Des racines vivantes surgirent du sol ainsi que des animaux étranges peut-être de cocons extraordinaires. Les arbres eux-mêmes étaient comme ensorcelés : ils prirent visages humains. A un autre endroit du parc les branches s'étaient mises à flotter dans l'espace. De peur que ce phénomène ne contamine les arbres, nous décidâmes de les retenir au sol avec des ficelles comme on le ferait d'une montgolfière éprise de liberté. Autres précautions ; certains arbustes furent emballés de crainte que leurs branches ne se détachent. Près de la rivière un totem de lumière sortit de terre célébrant à sa manière l'eau, le feu et la terre.

C'est finalement un message posé sur l'eau de l'étang qui nous indiqua d'où venait tout ce remue-ménage.

 

Tout au fond du parc, on pouvait découvrir l'œuvre des lutins des bois et d'une minuscule souris.