Mémoire d'une fête
mené par l'artiste ZUZANA JACZOVA ,

SYLVIE BALZER et les élèves du CE2 Groupe Scolaire Schweighouse/Moder ( et des interventions ponctuelles de classes de l'école maternelle)

Une histoire à suivre pas à pas en cliquant sur les liens

 

Pour fêter le printemps, les propriétaires de la belle villa à l'entrée du village, Monsieur Joseph et Madame Hélène, avaient invité pour un déjeuner tous les habitants de Schweighouse-sur-Moder.

Monsieur Joseph était directeur de la papeterie et madame Hélène était une petite femme un peu ronde avec un grand sens de l'hospitalité. Elle aimait partager sa joie de vivre et offrir son amitié. Elle n'avait rien de la bourgeoise sévère et sèche qu'on aurait pu imaginer en longeant le beau parc de la majestueuse villa.

Aussi, avait-on plutôt l'impression qu'elle vivait là un peu par hasard. Sa générosité et son sens du partage n'étaient pas, loin s'en faut, les comportements qu'on aurait pu attendre d'une personne de son état.

Madame Hélène préparait la fête depuis plusieurs mois déjà, assistée de Monsieur Alphonse, le jardinier.

Dans un grand cahier rouge, elle avait noté les noms de tous les invités. Elle avait relevé dans une courte description, la personnalité, les particularités, les mets préférés, les intérêts spécifiques de chacun. Finalement, elle y avait ajouté le portrait de chaque convive.

Ah, que son cahier était beau !

 

Puis, vint enfin le jour de la fête.

A l'entrée, à droite, elle installa une immense table ovale, couverte d'une nappe blanche. Ensuite, elle y disposa des assiettes en porcelaine peintes chacune avec le portrait d'un invité. Chaque assiette était accompagnée d'une petite sculpture en plâtre blanc représentant une partie du lieu. Elle les nomma " porte-bonheur pour un an ". L'année suivante elle en offrirait d'autres, chargées de sa bonne énergie.

Monsieur Roger Patatra, retraité depuis quelques années déjà, et grand ami de Monsieur Joseph, aimait parcourir les alentours et dévaler les pentes avec des skis. Comme la neige se faisait rare, Madame Hélène lui trouva une paire de skis sur herbe !

Quelques jeunes gens aimaient pêcher, mais ils étaient rarement chanceux. Après le café, Frédéric proposa à Sabrina d'aller voir si les poissons étaient au rendez-vous ! Au même moment, Madame Hélène s'éclipsa discrètement.Elle courut ouvrir l'écluse derrière laquelle elle avait déposé une douzaine de truites achetées le matin même chez le poissonnier. Celles-ci se jetèrent sur les hameçons de Frédéric qui s'écria ravi : " Ca alors, mon porte-bonheur porte déjà des fruits, hum, plutôt des poissons ! ". Nana Dubouchon passa sa journée assise près de la rivière à contempler le beau Frédéric Weber, et à tricoter une écharpe de lierre.

Mademoiselle Dupuis, étudiante en lettres, se vit proposer une partie de tennis par Madame Dupompon, la nouvelle doctoresse installée depuis peu à Schweighouse. Mademoiselle Dupuis n'était pas une joueuse de compétition et elle tapait trop fortement dans les balles. Aussi envoya-t-elle la plupart d'entre elles à la cime des sapins qui s'en voyaient décorés au fur et à mesure du match. Ce faisant, le match fut arrêté précipitamment et sans vainqueur car toutes les balles restaient bloquées dans les ramées !

Ceci ne fut d'ailleurs pas pour déplaire à Rambo Poilu, car le terrain de tennis était aussi un lieu où Madame Hélène cultivait toutes sortes de mousses rares qui rendaient moelleuses à souhait les dalles en béton du court de tennis. Or, plus que tout, celui-ci appréciait de se promener sans chaussures ni chaussettes !

Le sol de la propriété était partout jalonné de lignes de gravier bleu. La petite Pauline était venue seule à la fête car son papa, gardien à la papeterie était de service ce jour-là. Mais elle avait tellement peur de se perdre dans l'immense parc que Madame Hélène lui avait fabriqué une sorte de sac à dos en forme d'entonnoir qui laissait filer des petits cailloux bleus. Ainsi la fillette pouvait retrouver son chemin. Hélas, la petite Pauline courait partout et les lignes se croisaient et s'entrecroisaient dans tout le parc jusque sur le palier de l'escalier …

Madame Hélène avait tant d'idées drôles !

Elle n'oublia ni le ballon de basket pour le petit Olivier si maladroit, ni la guitare pour le jeune Turrok, ni la flûte pour la douce Ophélie.

Elle proposa à Clark Kent, très préoccupé par son apparence et sa nouvelle voiture, de stationner celle-ci près de l'entrée du garage. Jimmy Hunt, jeune mécanicien, eut fort à faire pour cacher sa jalousie et ne put s'attirer quelque admiration qu'en vantant ses talents de pêcheur !

Madame Hélène voulut encore donner la possibilité à Jean Carquezut et Rosine Dada, des artistes en herbe, de produire quelque chose qui resterait après la fête et qu'elle pourrait contempler longtemps encore. C'est ainsi qu'elle disposa sur la pelouse un chevalet, une toile, des pinceaux et des pots de peinture. Là aussi, c'était sans compter avec la gourmandise de l'un et la maladresse de l'autre. Le peintre Delarufaroilin ne se fit pas attendre et à sa manière, plaça une œuvre pour le moins surprenante, sur l'un des conifères du jardin !

C'est un miroir qui fit le plaisir de Sophie Rigoli et un pistolet à bouchon , celui de Sylvie Blazer .